
Après des années d’efforts, l’Accord de principe sur le gouvernement du Nunavik était enfin signé par l’Assemblée nationale le 5 décembre 2007. Le ministre fédéral des Affaires indiennes, Chuck Strahl, le président de Makivik, Pita Aatami, le Premier ministre Jean Charest, et le ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Benoît Pelletier, ont officiellement paraphé le document.
Bien que seul l’accord définitif aura force de loi, la signature de l’Accord de principe a constitué une étape cruciale dans la création d’une nouvelle forme de gouvernement au Nunavik. Cela signifie que le Québec et le Canada acceptent la réalité d’un gouvernement du Nunavik. Tout ce qu’il reste à faire est de préciser les mécanismes juridiques présidant à la création du gouvernement.
La signature du document permet aussi de protéger une bonne partie des travaux réalisés au cours des deux dernières décennies, ce qui a son importance, puisque nous avons souvent été sur le point de conclure une entente par le passé sans toutefois y arriver. Au milieu des années quatre-vingt-dix par exemple, le processus a été mis sur la voie d’évitement en raison du vote référendaire sur l’avenir du Québec au sein du Canada. Plus récemment, du fait que la création d’une nouvelle forme de gouvernement au Nunavik aura des incidences profondes sur tous les intéressés, Québec et Ottawa ont voulu prendre le temps d’examiner attentivement l’Accord de principe. La signature a aussi été reportée à plusieurs reprises à cause d’élections provinciales et fédérales, à la suite desquelles les deux paliers de gouvernement avaient du mal à synchroniser leurs horaires.
À l’automne 2007, même le Premier ministre Jean Charest devenait impatient de signer l’Accord de principe. Le gouvernement fédéral a été prié de mettre au point son processus d’approbation, et le ministre Chuck Strahl est intervenu pour assurer que le Canada soit prêt à signer au jour dit.
L’élégant salon rouge où la signature a eu lieu débordait de représentants et de dignitaires du Nunavik, du Québec et du Canada. Le Nunavik était bien représenté à la cérémonie par les maires et dirigeants de nombreuses communautés et organisations régionales qui s’étaient rendu à Québec la veille sur un vol affrété pour l’occasion par First Air.
Vu que l’Accord de principe était signé à Québec, il a été convenu que l’accord définitif le serait au Nunavik. Toutefois, cela ne surviendra qu’après que le document définitif de l’accord et les textes connexes, notamment un plan précis de mise en oeuvre, aient été négociés. En outre, l’accord final devra aussi être approuvé par un vote référendaire des résidants du Nunavik.
Makivik demeurera l’organisation maîtresse du Nunavik à la table des négociations de l’accord final et du plan de mise en oeuvre, mais espère que leur contenu sera largement déterminé par l’apport des trois institutions régionales, dont la fusion formera la base du nouveau gouvernement. Sur le plan politique, cette tâche incombera au comité des politiques, et, sur le plan de la gestion, elle sera assumée par le comité technique consultatif.
(extrait du rapport d'exercise de la société Makivik publié au printemps 2008)
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